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salon Euronaval 2006 : les marines en réseaux Protection des ZEE : systèmes en réseau L’une des tendances marquantes d’Euronaval 2006 a indubitablement été le développement des offres de constructeurs en matière de systèmes globaux de surveillance maritime. Les systèmes globaux de surveillance servent à assurer ce que les Américains appellent le « Homeland Security » et qu’on exprime, dans la marine française, par le concept de « sauvegarde maritime » : lutte contre le narco-traffic, l’immigration clandestine, police des pêches et protection des milieux naturels. Rien d’étonnant à ce que les industriels s’investissent dans ce secteur. L’exemple vient, comme souvent, des ÉtatsUnis. Pour n’évoquer que la dimension maritime, la gardecôte américaine, qui possède déjà, tout en étant de statut civil, l’équivalent de la huitième marine du monde, est engagée dans un programme, baptisé Deepwater, dont le budget est susceptible de dépasser les 7 milliards de dollars (5,5 milliards d’euros). Les difficultés rencontrées par certains États maritimes tels que l’Espagne ou l’Italie face au développement, en mer, du trafic de drogue et de l’immigration clandestine ne font qu’attiser le besoin d’une meilleure efficacité aux frontières de l’Europe. Ces besoins sont d’ailleurs clairement exprimés par Frontex, l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union, créée en octobre 2004. Dans la foulée du programme Argo, décidé par le Conseil européen en juin 2002, plusieurs appels d’offres ont été lancés sur les moyens de prévenir l’immigration clandestine en privilégiant une approche homogène et coordonnée. Il n’en faut pas plus aux industriels pour bâtir une offre technologique pléthorique. LE « MARE NOSTRUM » DE DCN Ceci d’autant plus que, sur l’exemple du Deepwater américain, les technologies sollicitées pour ces missions civiles reposent sur des architectures de fusion de données déjà en cours de développement pour les forces militaires. DCN fait son entrée dans ce domaine du « homeland security ». Son produit, baptisé « Mare Nostrum », est articulé autour du NS3, un catamaran océanique à coque Swath pouvant mettre en œuvre plusieurs drones, de surface, sous-marins ou aériens. Le système fonctionne grâce à un réseau d’information reliant drones, navires, avions de patrouille maritime, bouées acoustiques, radars terrestres et centre de commandement à terre. Dans un esprit assez proche, Thales propose une offre D. R. Conçu comme un système intégré, le « Mare Nostrum » de DCN permet de coordonner l’ensemble des moyens dédiés à la sécurité maritime. modulaire, le « Thales Shield ». À l’aide de ses systèmes d’information actuels, Thales propose « de fournir à l’autorité coordinatrice des opérations, une image commune de la situation maritime qui fusionne plusieurs sources d’information, notamment celles de la Marine, des centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage, des Affaires maritimes, des Douanes, de la Sécurité civile ». Même approche chez EADS, qui met en avant son système Imarsec (Integrated Maritime Security System), directement dérivé de produits militaires déjà vendus. Le produit proposé combine deux systèmes visant, l’un, à détecter les conduites suspectes le plus tôt possible à partir des données fournies par les satellites de surveillance, des drones aériens, des radars longue portée, le réseau AIS (transpondeurs des navires de commerce), les radars et cameras embarqués, les navires d’interception, les hélicoptères et avions de surveillance ; l’autre à compiler ces informations et à les redistribuer aux destinataires pertinents. À noter qu’EADS a renforcé ses compétences dans ce domaine en acquiérant, en mai 2006, la société française Sofrelog, bien connue dans le milieu du contrôle de trafic maritime. André THOMAS SUB AIR DEFENCE : UN MICA À CHANGEMENT DE MILIEU aire bouger les lignes actuelles de la lutte anti-sousmarine, c’est l’objectif du système Submarine air defence, proposé par DCN. Il s’agit, à la base, d’un principe simple mais qui n’avait pas encore été concrétisé : intégrer un missile supersonique de défense antiaérienne (Mica) à l’intérieur d’un véhicule pour changement de milieu, afin de pouvoir le mettre en œuvre depuis un sousmarin. L’intégration a supposé quelques aménagements au véhicule sous-marin sélectionné, celui utilisé pour le missile antinavire SM 39 déjà utilisé et abondamment validé. Afin de réduire les coûts de développement, ce sont les rails utilisés sur le Rafale pour emporter le Mica qui ont été implantés à l’intérieur de la capsule. Certains points restent encore à régler, notamment les conditions d’emploi et la désignation d’objectif. Philippe Logier, responsable du pôle d’intégration des systèmes navals, indique que « ce système est susceptible d’intéresser toute marine dotée de sous-marins. Il apporte une réponse à la supériorité qui est aujourd’hui celle des moyens aériens de détection anti-sous-marine face à un sous-marin piégé en zone côtière ». Le concept a été validé et la campagne de réalisation du prototype est lancée. A. T. Thales, premier industriel de défense en Australie Alors que la consolidation européenne de l’industrie de défense semble n’avancer que lentement, le groupe français Thales, pour sa part, vient de pousser ses pions de manière majeure en Australie. Le groupe, qui possédait déjà 50 % d’ADI - l’équivalent australien de DCN - a été autorisé à racheter les 50 % que possédait Transfield Holding. Tous les deux avaient acquis ADI en joint venture en 1999, lors de la privatisation de ce groupe dont les origines remontent au XIX e siècle. ADI est le principal fournisseur de la marine australienne. Il est également présent dans les armes terrestres. Cette prise de contrôle marque une avancée pour Thales - qui a toutefois dû négocier des engagements très clairs avec le gouvernement de Canberra - car l’irruption du groupe français avait suscité une vive opposition du Pentagone, ADI intervenant sur des programmes basés sur des technologies américaines. Déjà présent dans d’autres secteurs de l’industrie de défense australienne, Thales y emploie désormais 3 500 salariés pour un chiffre d’affaires global de 600 millions d’euros. ADI est en compétition pour la réalisation - en transfert de technologie - de deux navires amphibies. ADI propose des bâtiments - avec DCN - dérivés des BPC français. Sur ce marché, évalué à 1,2 milliard d’euros, une autre offre est proposée par le chantier australien Tenix associé avec Navantia, pour un navire dérivé du BPE espagnol. D. R. Philippe Logier estime que le système pourrait intéresser toutes les marines dotées de sous-marins. Vendredi 3 novembre 2006

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